Eco-participation, le bilan après un an

Mis en avant

Il y a un an, Eco-mobilier, organisme de collecte et de recyclage des déchets d’ameublement, mettait en place l’éco-participation pour sensibiliser les consommateurs au recyclage des meubles en fin de vie. Des actions opérationnelles ont été menées auprès des professionnels et des particuliers. Les premiers résultats sont prometteurs.

Revaloriser les 1 700 000 tonnes de déchets d’éléments d’ameublement (DEA) mis au rebut chaque année, c’est l’un des objectifs que s’est fixé Eco-mobilier en lançant l’éco-participation le 1er mai 2013. Le principe : taxer à hauteur d’environ 1% les meubles neufs à la vente pour permettre le financement de filières de recyclage efficaces. Le but étant d’atteindre d’ici la fin de l’année 2015 un taux de recyclage des DEA de 45% et un taux de valorisation de 80% de ces déchets à la fin 2017. Évolution de la part de traitement des DEA

Des objectifs quasi atteints

Chez Eco-mobilier, le bilan est plutôt positif. Éric Weisman, directeur de développement de l’organisme, interrogé par la rédaction EMK, estime que « c’est une belle trajectoire ». D’après les derniers rapports d’activité de mars dernier, 21 000 tonnes de déchets d’éléments d’ameublement (DEA) ont été collectés pour un taux de recyclage de 48%, soit 3% de plus que ce qui était prévu pour 2015. Quant au taux de valorisation, il est déjà de 78% alors que l’organisme prévoyait d’atteindre les 80 % d’ici trois ans.

Eco-mobilier a perçu à ce jour 80 millions d’euros d’éco-participation. Or l’objectif fixé était d’atteindre les 85 millions d’euros. Éric Weisman justifie ce différentiel par la conjoncture actuelle. « C’est le recul du marché du mobilier, évalué à 3 points, qui a manqué à l’atteinte de nos objectifs. Mais pour ce qui est de la collecte et du recyclage, les résultats sont au-dessus de nos estimations. »

Le cycle de l'eco-participation (infographie EMK)

Une adhésion massive des professionnels

Ils sont près de 6 500 professionnels (fabricants, distributeurs, …) à avoir adhéré à Eco-mobilier. Cette adhésion leur a permis de bénéficier de solutions de collecte mises en place par l’organisme. On compte aujourd’hui 200 bennes directement installées sur les lieux de vente et 200 points de collecte dans les déchèteries professionnelles où les installateurs peuvent déposer gratuitement les meubles récupérés chez leurs clients.

La collecte de proximité bien engagée

Afin de proposer un système de collecte aussi accessible aux particuliers, Eco-mobilier a signé avec les collectivités des contrats territoriaux de collecte du mobilier (CTCM). A la suite de ces accords, des bennes dédiées à la collecte du mobilier ont été gratuitement installées dans les déchèteries publiques. A ce jour, 94 contrats couvrant 24 millions d’habitants ont été signés. 107 contrats sont en cours de signature et ils couvriront 8,7 millions d’habitants supplémentaires. 343 bennes sont déjà installées dans les déchèteries publiques.

Pour ne citer que le cas de la Communauté Urbaine de Strasbourg (CUS), une dizaine de bennes sont opérationnelles dans les 6 déchèteries existantes où près de 935 tonnes de déchets mobiliers ont été collectés (estimation de février 2014). Il a également été mis en place une déchèterie mobile qui, tous les mois, fait du porte à porte pour la collecte.

Le développement des filières de valorisation

Pour la collecte, le tri et la valorisation, Eco-mobilier collabore avec des entreprises spécialisées dans le traitement des déchets. Parmi celles-ci, on retrouve le groupe Véolia qui assure désormais la collecte et la valorisation des DEA dans 53 départements soit 40% de ce nouveau marché du recyclage de meuble. Il existe au total 141 centres de tri et 97 centres de traitement sur tout le territoire.

Les meubles réutilisables sont remis en état et destinés aux acteurs de l’économie sociale et solidaire comme Emmaüs qui va faire des dons ou les revendre à un prix symbolique. Les autres déchets sont recyclés ou transformés en combustible.

Prochaines étapes

Après ces premiers succès de l’éco-participation, Eco-mobilier se fixe de nouveaux objectifs qui seront concrétisés grâce à l’argent collecté. Il s’agit notamment :

- de développer la collecte, la valorisation et les technologies en matière de recyclage. Ce développement passe par des appels à projet pour le traitement de la literie, le recyclage du rembourré et du bois.

- de mieux communiquer auprès des professionnels et des particuliers. Près de 7000 kits de communication (affiches, mémo descriptif pour les vendeurs, plaquettes) ont été diffusés dans tous les points de vente pour sensibiliser les consommateurs.

Les chiffres en mars 2014

65 000 adhérents en janvier 2014

94 contrats territoriaux de collecte signés

24 millions d’habitants couverts

80 millions d’euros versés

21 000 tonnes de déchets collectés

Ecoparticipation, et après ?

La semaine dernière, nous évoquions ici la mise en place complexe de l’écoparticipation pour nous fabricant et pour nos distributeurs. Cette semaine, explorons ce qui se passe pour les meubles en fin de vie.

Pour la collecte, plusieurs possibilités :

- le client ramène son meuble chez le distributeur. Eric Weisman, directeur de développement de Eco-Mobilier explique : « nous sommes en train de mettre à disposition des bennes, chez tous les distributeurs qui en font la demande et qui collectent plus de 40 tonnes de mobilier par an. La pose des bennes et la prise en charge de la collecte est gratuite. Les plus petits distributeurs (moins de 40 tonnes par an) ont désormais accès à des plate-formes de récupération de déchets dans lesquelles ils peuvent venir gratuitement ».

- le meuble est récupéré par le monteur lors de la livraison. Là encore pas d’obligations légales mais c’est un « service après-vente » qui se développe chez les installateurs.

- le client se rend dans une déchetterie pour y déposer son meuble. Les déchetteries sont progressivement équipées d’une benne spécifique « Mobilier ». Le client ne jette plus le meuble en fonction de son matériau de fabrication comme c’était le cas jusqu’alors.

Pour ce qui est de la filière recyclage, les choses se mettent également en place. Eco-mobilier a terminé à la fin de l’été les appels d’offres auprès des opérateurs spécialisés. Ces opérateurs récupèrent les meubles dans les bennes (directement chez les distributeurs, sur les plateformes de récupération et dans les déchetteries), les trient puis les revalorisent pour créer de nouvelles matières premières.

Cette économie du recyclage est donc amenée à se développer les prochaines années, au fur et à mesure que la collecte va s’intensifier.

La montée en charge d’Eco-Mobilier est prévue sur 10 ans. Le taux de collecte des meubles en fin de vie qui est aujourd’hui de 23 % (source Eco-mobilier) doit s’intensifier pour atteindre 50 %. Mais si le tonnage de collecte augmente, le coût global du recyclage du mobilier va mathématiquement augmenter. Pour le compenser, les taux de l’écoparticipation vont évoluer. Eco-Mobilier assure qu’il informera les metteurs sur le marché de ses nouveaux barèmes 6 mois à l’avance. A suivre…

Les Français et leurs déchets d’ameublement

  • 60% les déposent en déchèterie,
  • 17% font appel à un service municipal,
  • 5% profitent de la reprise par le distributeur,
  • 5% déposent dans la rue,
  • 4% déposent en poubelle ordinaire,
  • 5% profitent de la reprise par le distributeur,
  • 5% déposent dans la rue,
  • 4% remettent en magasin,
  • 5% ne se prononcent pas.

Source : Observatoire Sociovision France, mai 2012

Focus sur le Mobiscope 2013

Le 20 juin dernier, l’Union Nationale des Industrie Françaises de l’Ameublement a publié l’édition 2013 du Mobiscope et revient sur les chiffres de 2012 du secteur du meuble. L’occasion de faire le point sur les chiffres du marché du meuble en général et de la cuisine en particulier et de les confronter avec ceux d’EMK.
Mobiscope 2013

Mobiscope 2013

Un solde négatif pour 2012

2012 n’aura pas été une bonne année pour le marché du meuble. Après deux années de croissance consécutives, l’année s’est donc soldée sur une baisse de 1,6 %. Après un 1er semestre positif, le chiffre d’affaires global a chuté au 2ème semestre 2012. Les soldes et les opérations promotionnelles qui relançaient jusque là les ventes et la fréquentation n’ont pas eu les résultats escomptés. La cuisine, jusqu’alors moins touchée, rencontre aujourd’hui des difficultés à maintenir ses ventes.

Le segment des meubles de cuisine

Alors qu’elle assurait à elle seule une forte part de la croissance du marché depuis 2003, la cuisine ne reprend pas sa place de leader pour l’année 2012 face au segment canapés et fauteuils. La baisse a été ressentie dans la grande distribution dès le début de l’année, alors que les spécialistes n’ont commencé réellement à ralentir qu’au second semestre. Le passage au 1er janvier 2012 de la TVA de 5,5 % à 7 % ne représente dans les faits qu’une augmentation de 10 € par tranche de 600 € d’achats et n’a donc été que peu ressentie par les consommateurs. Par contre, la forte diminution des mises en chantier depuis la fin de l’année 2011 a eu des conséquences directes sur les ventes de cuisine. Le kit maintient sa position avec 40 % du marché en valeur et 60 % en volume.

Une production qui maintient sa progression

La production française continue sa progression avec une hausse de 1,8 %. La cuisine, elle, progresse très légèrement malgré la forte baisse des mises en chantier. À noter que l’Alsace conserve sa 4ème place au rang des régions productrice de meubles, derrière la région Rhône-Alpes, les Pays de Loire et l’Ile-de-France.

Le point de vue d’Hervé Bossert, directeur d’EMK.

« On a vécu la situation inverse chez EMK. Après un 1er semestre 2012 tendu, le 2ème semestre a vu nos ventes, au travers de nos enseignes, fortement progresser. Et cette tendance s’est confirmée au 1er semestre 2013 avec des chiffres toujours en progression.

Notre progression est en lien direct avec la demande du consommateur. Dans une période où les budgets sont serrés, les clients se tournent vers le kit, une solution d’agencement plus économique que le monté. Et comme il faut avoir l’oeil d’un expert pour distinguer nos cuisines kit du monté, en finalité c’est le consommateur qui s’y retrouve.

On remarque aussi un report des ventes sur le kit pour les clients qui construisent car dans le cadre d’une construction neuve, le consommateur n’a pas accès à la TVA réduite, donc l’écart entre une cuisine montée et en kit s’avère beaucoup plus importante. Il reporte donc son achat sur le kit ».

Le Mobiscope 2013 dans son intégralité ici : http://www.unifa.org/clefs/mobiscope2013_unifa.pdf